La lutte des classes, le patronat, le bouclier fiscal, tout cela me semblait bien lointain, confortablement plongé dans le canapé de mon appartement cosy de Paris. Trop peut-être. Aujourd’hui, en me réveillant, une phrase persifflait dans mon cerveau comme un mauvais “effet larsen” : “La France va mal … L’état du pays a dépassé la côte d’alerte“. Cette phrase, c’est François Bayrou qui me la martelait non stop. J’ai pleuré. Et puis j’ai crié STOP. François avait raison. J’ai dit stop au capitalisme sans protection sociale, sans droit, sans respect à l’environnement. J’ai hurlé halte à tous ces stagiaires qui travaillent comme des CDistes pour des salaires de misère. J’ai crié crotte aux poudres chocolatés qui sont pas 100% cacao, fuck aux céréales qui tombent à côté de mon bol. J’ai pensé shit lorsque mon passe navigo n’a pas fait bip au tourniquai du métro. En gros, à cause de Bayrou, j’ai frôlé le burn-out parisien. Et puis, en me regardant dans la glace, ce matin, je me suis dit qu’il fallait agir. Je suis devenu syndicaliste. Et tant qu’à faire, autant faire les choses en grand, je me suis inscris à Force Ouvrière.
Mais qui sont vraiment ces syndicalistes ? Que font-il pour sauver nos emplois ? Quelles sont leurs convictions ? C’est ce que nous allons tenter de comprendre dans ce web-documentaire où Florent Lemarchand a joué la taupe pendant 24h , en fait un an puisqu’il a dû payer une cotisation annuelle.
L’effet déclencheur : le discours anxiogène de Francois Bayrou (14 mars 2010)
Vous étiez heureux en vous levant le matin ? Vous pensiez que demain serait un jour meilleur et que la lutte sociale, c’était ghetto ? Changez d’avis en regardant cette vidéo.
Pourquoi avoir adhéré à Force Ouvrière ?

Force ouvrière, mon syndicat
En tant que cadre supérieur, il est vrai que j’aurais pu intégrer une organisation prestigieuse comme la C.C.F.D., la C.C.bla.bla.bla, le MEDEF, la SPA ou le KKK. Mais, vous vous en doutiez peut-être, je n’étais pas aware sur les tendances du marché des syndicaliste et je voulais absolument faire le choix le plus éthique. Vous ne me croyais pas ? Vous avez raison… j’avoue, je sortais d’une cuite (ou plus exactement, je m’étais cuité pour avoir la force de signer) et avec un taux d’alcoolémie frôlant les 1,8 g/l de sang (la moyenne dans ce milieu), la seule organisation syndicale dont je me souvenais, c’était la plus courte et la seule prononçable sans bégayer FO.
Comme quoi les marketeurs de ce syndicat ont quand même bien conçu cet acronyme. Faites le test. Vous aussi, bourrez-vous la gueule et tentez de trouver une organisation syndicale. Une seule devrait vous venir à la bouche (et vous faire rire), c’est mécanique : FO (remarquez d’ailleurs la forme de votre bouche en le prononçant : c’est la même que celle faite lorsque vous vous apprêtez à boire un schnaps).
J’appelle le CE. On me donne un nom de camarade à contacter : Francine-Odile. Il faut l’appeler rapidement. J’ai des palpitations. J’ai l’impression d’être James Bond 007 perdu en Russie. Je compose le numéro. Il est 16h05, Francine-Odile est partie.
Première prise de contact avec Force Ouvrière
Le lendemain, c’est Francine-Odile qui m’appelle. J’hésite à décrocher (j’ai décuvé). Mais j’ai trop peur de rêver, de nouveau, de François Bayrou. FO, François, FO, Francois, je décroche.
Francine-Odile : Bonjour camarade !
Moi : Bonjour, Florent Lemarchand à l’appareil.
FO : Vous êtes cadre, n’est-ce pas ?
Moi : Cadre supérieur
FO : Parfait et bien je suis ravie de vous compter parmi nos sympathisants. Longue vie au syndicalisme ! Ça fera 200 euros.
Moi : Pardon ?
FO : Et bien vous voulez bien vous inscrire à Force Ouvrière, non ?
Moi : Oui
FO : Ça fait donc 200 euro ?
Moi : Disons que dans un premier temps, je voulais prendre connaissance de votre programme.
FO : Un programme ?
Moi : Ben… vous avez bien un programme pour notre (?) candidature aux élections du Comité d’Entreprise, non ?
FO : Oui, tout à fait. Tout comme vous. D’ailleurs quel est le vôtre CAMARADE ?
Moi : Le mien (je fais mine de réfléchir mais cherche mes notes). En 1, la révolution, en 2, la révolution et en 3, le partage des richesses.
FO : Pour nous c’est tout pareil et pour les richesses, on commencera avec les vôtres. La révolution, c’est 200 euros .
(Le champ révolutionnaire de L’International raisonne en bruit de fond “C’est la lutte finale, groupons-nous dès demain…”)
FO : Pardonnez-moi, c’est Arlette sur mon portable.
(Elle me reprend)
Moi : C’était Arlette Laguiller ?
FO : Non, Arlette ma fille. Donc je vous disais 200 euros. Je passe demain, n’oubliez pas le chèque et VIVE LA REVOLUTION !
Moi : Vous ne faites pas un prix primo accédant ?
FO : Si bien sûr : 217,28 euros. Mais pour vous ce ne sera que 200 €. C’est plus simple pour les comptes.
Moi : Mais que faites-vous de tout cet argent ?
FO : Et bien il y a des formations : 5 jours pris, bien évidemment, sur votre temps de travail. C’est à Dunkerque dans une ancienne mine. Ensuite nous organisons des séminaires-visites de goulag et puis il y a les nombreux dépôts de gerbes sur les tombes de nos anciens camarades tombés lors de luttes sociales.
Moi : Des gens meurent encore pour la lutte des classes en France ! ! !
FO: Tous les jours CAMARADE, tous les jours. Un massacre. Enfin, il y a les frais de gestion du Bureau du Comité Central. Le syndicalisme c’est une grande famille, qu’il faut entretenir, VIVE LA LUTTE DES CLASSES !
(Je préfère écourter la conversation)
Moi : Bien, alors à demain. 9h cela vous ira ?
FO : 9h ! Partons plutôt sur 11h.
Moi : Très bien, 11h alors.
FO : A demain camarade, elle se met à chanter L’International.
La suite de ce web-dcoumentaire bientôt sur le blog de Florent Lemarchand.
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